La 11e session d'Europan a recueilli 239 projets pour les six sites français, sur le thème « Territoires et modes de vie en résonances ; quelles architectures pour des villes durables ? ». Le jury a retenu les projets urbains conçus comme des processus évolutifs, ceux qui envisagent la transformation d'un territoire dans sa complexité, plutôt que les projets clé en main. Signe des temps... En cette période incertaine, la question n'est pas de proposer un « prêt à vivre », ni un manifeste architectural, mais plutôt de faire éclore la vision d'un possible et durable « vivre ensemble ». A l'heure où les figures imposées sont difficiles à tenir dans la durée, doivent émerger des solutions qui s'étalent dans le temps, qui s'adaptent à l'évolution des usages et à la faisabilité des projets.
C'est a ainsi que 36 équipes ont cherché à imaginer des stratégies de mutation viables économiquement sur le site des Abattoirs
à Clermont-Ferrand... Dans les 3 projets sélectionnés, et ici, davantage encore que pour les autres sites, la prépondérance
du processus sur la forme urbaine a été récompensée par le jury, comme réponse aux incertitudes programmatiques.
A Neuilly-sur-Marne, sur les 48 projets proposés, 3 projets ont été sélectionnés par le jury qui s'est montré sensible aux
projets-démarche, ceux pour qui les espaces naturels ne sont pas seulement des espaces vides à construire, mais des biotopes
à préserver, où la ville trouve une place mesurée. Et où la nature aménagée devient un liant social, porteur de nouvelles
qualités d'urbanité.
A Reims, le campus de la Housse, site aux espaces distendus, a inspiré 35 équipes, dont les 3 sélectionnées qui ont
cherché de la mesure dans les volumes, réfléchi à la bonne échelle de densité, cherché à imaginer la structure d’un
nouveau quartier, à lui inventer une identité.
A Savenay, le jury a sélectionné 3 projets, sur les 34 reçus, qui se sont montrés sensibles à la fragilité du site.
Ils ont fait preuve d'une réelle économie de moyens dans leurs propositions, tout en posant la question des limites de la ville.
A Stains, le site invite à la densification et la juxtaposition d'entités foncières très différentes exige des réponses stratégiques
parfois exploratoires. La problématique des franchissements est cruciale : il s'agit de connecter des quartiers très différents dans
l'optique du futur pôle multimodal. Et de réfléchir aux usages qui pourraient transformer le site. Les jardins, le parc, le maraîchage,
ont très fortement inspirés les 43 équipes candidates. Le rapport ville/nature est, là aussi, au coeur des propositions des 3 projets sélectionnés.
Enfin, à Toulouse, 43 équipes ont planché sur le secteur du Raisin. Les 3 projets sélectionnés ont cherché à faire coexister l'échelle
métropolitaine et l'échelle de quartier en jouant, d'un côté, la valorisation de l'infrastructure, de l'autre, celle du modèle d'habiter
toulousain, tout en actualisant l'architecture et en travaillant sur la densité.