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Cour Charneau aux Abymes • Guadeloupe













Compris dans l’archipel des Antilles, l’île de la Guadeloupe a la forme d’un papillon avec au centre, la ville de Pointe-à-Pitre, capitale départementale, à l’ouest la Basse-Terre avec un relief marqué et à l’est la Grande-Terre au relief plus éffacé. L’urbanisation modérée du territoire s’est essentiellement développée le long des côtes avec deux aires urbaines pré-dominantes : les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes au sud-ouest de la Grande-Terre, et la commune de Basse-Terre au sud-ouest de la Basse-Terre.La commune des Abymes a une vocation résidentielle due à sa proximité de l’agglomération pointoise, et devrait devenir un pôle économique et industriel majeur dans les prochaines années en raison de la disponibilité foncière. Elle héberge une population très inégale-ment répartie sur son territoire. On observe deux pôles principaux : un pôle périurbain qui regroupe 60 % de la population situé entre l’aéroport du Raizet, principal lieu de départ et d’arrivée sur l’île, et la périphérie de Pointe-à-Pitre ; et un pôle rural aux trames urbaines plus clairsemées voire éparses qui regroupe le bourg, un habitat traditionnel disséminé le long de la Route Nationale no 5 et des exploitations agricoles. Dans le cadre de la restructuration de la RN 5 qui parcourt d’un bout à l’autre la commune, la ville souhaite améliorer les conditions de vie des habitants de ces ensembles périurbains en proposant de nouvelles typologies de logements plus adaptées au mode de vie local. Cette réflexion doit également permettre de redonner une identité à une entrée de ville disparue dans une continuité d’un bâti hétérogène entre les Abymes et Pointe-à-Pitre, et de requalifier une voie qui mène au centre-bourg dévalorisé par une urbanisation non maîtrisée. Le traitement des espaces publics devra favoriser l’intégration d’un réseau routier d’importance territoriale dans des zones urbaines à forte densité.
 
Mont Baduel à Cayenne • Guyane
























Au nord du continent sud-américain, le développement du département de la Guyane est marqué par la présence de gisements d’or, par l’histoire du bagne et par l’essor du centre spatial dû aux essais concluants du lanceur européen Ariane. La nature inhospitalière de l’intérieur des terres a généré une urbanisation diffuse entre la forêt amazonienne et l’océan atlantique dont la ville de Cayenne est la capitale départementale.Le centre ancien de Cayenne s’est développé et densifié progressivement selon une trame orthogonale sur une surface d’environ 110 hectares. A partir des années 1950, la trame traditionnelle de la ville a été débordée et l’urbanisation s’est répartie en cités non reliées entre elles, disposées d’une manière anarchique sur des emprises privées à vocations agricoles et dépourvues d’équipements de proximité.Le site du Mont-Baduel se situe en périphérie sud de Cayenne et s’étend entre les deux principales voies d’accès au centre ancien. Il est marqué par la présence du Mont-Baduel, point phare culminant dans un paysage sans relief, menacé de déforestation par une urbanisation spontanée difficile à maîtriser malgré les mesures de protection formalisées dans un arrêté de biotope. L’aire urbaine du site comprend différentes poches résidentielles, composées de loge-ments collectifs sociaux, de lotissements de maisons individuelles privées, d’habitats spontanés en dur ou en bois, répartis dans une structure foncière complexe appartenant pour la majorité au département ou aux opérateurs sociaux. En profitant de la mise en place d’un axe structurant de desserte inter-quartier qui doit traverser le site de part en part et qui est un des objectifs prioritaires stratégiques de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Guyane (EPAG), une intervention globale sur le site doit permettre de relier les différents fragments urbanisés existants ; d’en articuler de nouveaux à venir et de préserver le Mont-Baduel de l’habitat spontané en réalisant en piémont des équipements publics. Cette intervention devra prendre en compte le développement du site qui représente un important réservoir de terrains disponibles, destiné à répondre à la demande croissante de logements tout en favorisant une diversification de l’habitat et des aménage-ments urbains de qualité.
 
Le Vauclin • Martinique

























Entre l’océan Atlantique et la mer des Antilles, l’île de la Martinique se développe avec une urbanisation modérée autour de l’exploitation agricole de la canne à sucre dans sa moitié sud, à l’exception de la ville de Fort-de-France qui, après l’abolition de l’esclavage, a connu un fort dévelopment de sa périphérie. Au cours des dernières décennies, le développement du tourisme croissant a favorisé l’installation d’importants complexes touristiques dans la pointe sud-ouest. Le site du Vauclin, situé au sud-est de la Martinique, connaît une première expansion au xixe siècle autour de la culture de la canne à sucre, du café et du cacao, renouvelée après guerre par une activité accrue de l’usine sucrière et de 4 distilleries. Avec ses petites cases en bois alignées en rangs serrés, Le Vauclin est alors une bourgade pauvre et repliée sur elle-même, entre la mer et les terres privées de l’usine. A partir des années 1950, la fermeture de l’usine à sucre entraînera un exode d’environ 50 % de la population. En 1990, Le Vauclin occupait la première place des communes de la Martinique en nombre de logements vétustes. Des opérations de restructuration du centre-bourg sont actuellement programmées, parallèlement à des implantations de quartiers neufs aux abords. Les potentialités qu’offre la commune, permettent à la municipalité d’envisager et de lancer un programme ambitieux de développement touristique qui devra entraîner l’extension des autres activités économiques. En profitant de la dynamique urbaine infléchie par la vocation balnéaire du Vauclin, une réflexion à l’échelle de l’aire urbaine doit permettre une urbanisation cohérente d’un site qui bénéficie d’un cadre naturel remarquable à l’entrée de la ville, une restructuration des vides et des délaissés du centre-bourg entre l’entrée de ville et le front de mer, et un aménagement de qualité des espaces publics du front de mer entre le centre-bourg et le site balnéaire.
 
Ravine Blanche à Saint-Pierre • Réunion































Au cœur de l’océan indien, les conditions géographiques et climatiques de l’île de la Réunion ont favorisé une urbanisation de la côte ouest avec au nord, la capitale départementale Saint-Denis, et au sud, la ville de Saint-Pierre construite sur la base historique d’un quadrillage de 110 m x 240 m issu de l’époque coloniale. Le quartier Ravine Blanche, à l’ouest de Saint-Pierre, s’est développé au cours des trente dernières années sans politique urbaine identifiée entre les deux voies d’accès au centre ville : au nord, l’axe historique devenu route nationale et au sud l’accès par le front de mer. Construit à l’est de la ravine blanche, non pérenne mais dangereuse en période cyclonique, le quartier composé d’habitats sociaux collectifs de typologies variées des années 1960, de logements sociaux individuels en bande, d’habitats spontanés et de quelques équipements de quartier, a transgressé la logique d’origine de la trame et ne s’intègre plus à la ville. Les espaces libres en quantités importantes sont inégaux dans leurs traite-ments et demeurent en majorité délaissés. Le site bénéficie d’une emprise foncière centrale non urbanisée du fait de la pré-existence d’une autre ravine endiguée à ce jour qui traverse le site de part en part. Le départ d’une petite entreprise offre l’opportunité d’une ouverture vers le front de mer destiné à devenir un espace public majeur pour une valorisation du bord de mer. En profitant de cette situation, ce morceau de ville doit aujourd’hui se développer afin de retrouver une cohérence d’ensemble avec une identité de quartier résidentiel périurbain dans un cadre paysagé de qualité. L’aménagement des espaces collectifs, des parcs et des promenades dans un réseau d’espaces publics, devra permettre d’intégrer les différentes typologies présentes sur le site et la construction de nouveaux logements favorable à une mixité urbaine dans un cadre de vie de qualité. En profitant de l’ouverture vers le front de mer et de son aménagement, le quartier devra renouer des attaches vers un centre ville historique dont la qualité urbaine a fait la renommée de la ville de Saint-Pierre.