La recherche en architecture
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La recherche en et sur l’architecture fut d’abord essentiellement contractuelle et incitative dans les années soixante et soixante-dix, c’est-à-dire organisée autour d’appels d’offres et de programmes thématiques. Institutionnalisée dès les années quatre-vingt, elle s’est aujourd’hui notablement développée au sein des écoles d’architecture et explore des champs très divers : histoire de l’architecture, sociologie de l’habitat, études des formes urbaines ou des ambiances, informatique appliquée ou imagerie de synthèse, etc. La grande diversité des objets d’étude et des points de vue mobilise en effet, autour de projets le plus souvent interdisciplinaires, des outils empruntés aux sciences de l'homme et de la société comme aux sciences pour l’ingénieur. Depuis 1983, date de la création du Comité consultatif de la recherche architecturale (CCRA) -- auprès de la direction de l’architecture et de l’urbanisme (DAU), alors au ministère chargé de l’équipement -- aujourd'hui DAPA au ministère de la culture et de la communication, la politique de la recherche architecturale est donc passée d’une logique incitative à une logique institutionnelle : les moyens alloués aux écoles d’architecture pour leurs équipes et laboratoires de recherche sont contractualisés pour une durée de quatre ans. (cf. Annuaire des formations de recherche dans les écoles d’architecture / laboratoires, équipes, projets du programme pluriannuel 1994/1997 MATET / DAU, publié par le Bureau de la recherche architecturale, direction de l’architecture et de l’urbanisme, alors au ministère de l’Aménagement du territoire, de l’équipement et des transports - Editions Parenthèses 1995 et aussi Annuaire des formations de recherche dans les écoles d’architecture/ Laboratoires, équipes et projets de la Recherche architecturale 1990 - 1993 - BRA, DAU, Ministère de l’équipement, du logement, des transports et de la mer - Mai 1991). La recherche menée dans les vingt écoles d’architecture -- c’est-à-dire l’essentiel de la recherche française sur le domaine -- est, par la localisation même de son potentiel, liée au service public d’enseignement dispensé dans lesdites écoles. Elle repose principalement sur la part du corps enseignant qui s’est, au fil des ans, convaincue qu’il ne peut y avoir d’enseignement supérieur qu’articulé à la recherche. On leur doit l’existence de quelque trente-cinq programmes de recherche qui, tout en contribuant au progrès de la connaissance, visent à la mise au point de procédés et d’outils d’aide à la conception architecturale et alimentent l’enseignement du projet architectural et urbain. A l’exemple des quatre unités mixtes de recherche (UMR) associées au CNRS, toutes les formations de recherche ont vocation à atteindre un niveau satisfaisant de reconnaissance et d’intégration au sein de la communauté scientifique. Ce dispositif est partie prenante de la formation à la recherche et par la recherche des jeunes architectes qui seront les enseignants, chercheurs et praticiens de demain : quelques DEA et DESS à sceaux multiples sont habilités avec de grands établissements ou des universités ; plus de deux cents doctorats en cours sont entrepris au contact d’écoles d’architecture. Rappelons en effet que, pour l’heure, les écoles d’architecture -- bien qu’établissements d’enseignement supérieur --, ne peuvent pas délivrer seules de diplômes de troisième cycle, et moins encore de thèse de doctorat ; elles doivent donc, pour ce faire, s’associer à des universités ou autres établissements habilités. Plus récemment est apparue une autre forme de collaboration associant écoles d’architecture, écoles d’ingénieurs et écoles d’art, telle que le Centre d’enseignement, de recherche et d’expérimentation de la construction « Les grands ateliers de l’Isle d’Abeau » (Isère) qui devrait très prochainement prendre la forme d’un Groupement d’intérêt public (GIP) ; divers programmes européens pourraient également voir le jour. Des actions de valorisation accompagnent cette activité
de recherche, tantôt à l’initiative des écoles elles-mêmes,
tantôt à celle de la direction de l’architecture : colloques,
séminaires, aides à la publication d’ouvrages issus de travaux
de recherche et de thèses ; publication, par le Bureau de la recherche
architecturale (BRA) de la sous-direction des enseignements et de la recherche
à la direction de l’architecture, des Cahiers
de la recherche architecturale, revue scientifique trimestrielle.
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Les moyens Au total, ce sont près de six cents personnes qui participent à la recherche architecturale au sein même des écoles ; parmi celles-ci, quelque soixante chercheurs, deux cent-cinquante enseignants (sur plus de mille postes statutaires), cinquante ingénieurs techniciens et administratifs ainsi qu’environ deux cents doctorants. Cependant, la situation actuelle laisse apparaître d’importants déséquilibres géographiques : - concernant la répartition des effectifs sur l’ensemble des vingt-deux écoles d’architecture ; - concernant la répartition entre les grands domaines de recherche ; ainsi, les savoirs techniques (construction, informatique appliquée), très peu présents en Ile-de-France (région qui compte 45% des étudiants), ont trouvé leur terrain d’élection dans les écoles de grands pôles scientifiques régionaux : Grenoble, Marseille, Nancy, Nantes. Les dotations allouées à la recherche architecturale sur le Budget civil de recherche et de développement (BCRD) sont, pour 1998, légèrement supérieures à 8 MF ; elles correspondent à une augmentation de 4, 5% en autorisations de programme et de 8% en crédits de paiement par rapport à 1997 ; ceci étant, elles sont à peine équivalentes, en francs courants, à celles obtenues en 1991. Des crédits hors BCRD (à hauteur de 1, 9 MF) supportent, sous forme de subventions de fonctionnement, la plus large part des coûts d’infrastructure des laboratoires des écoles. Les enjeux
La première mission du CCRA est aujourd’hui d’évaluer les formations de recherche habilitées dans le cadre du programme scientifique précédent et de proposer des habilitations pour le programme quadriennal 1998-2001. L‘habilitation, avant l’été 1998, des formations de recherche pour les années 1998-2001 devrait conforter l’existence, dans les écoles d’architecture, de pôles scientifique d’excellence de stature nationale, voire internationale. Les déséquilibres géographiques et thématiques évoqués plus haut devront aussi être atténués afin qu’à terme aucune des vingt-deux écoles d’architecture ne soit absente de la compétition entre établissements d’enseignement supérieur qui s’annonce à l’échelle de l’Europe. C’est pourquoi le CCRA s’est également vu confier une réflexion à caractère prospectif et est appelé à proposer à la direction de l’architecture toutes les mesures susceptibles d’assurer le développement de la recherche et de sa valorisation. Au moment où, conformément au décret
n° 97-1096 du 27 novembre 1997 portant réforme de l’enseignement
de l’architecture, les programmes pédagogiques des vingt-deux écoles
d’architecture sont soumis à évaluation et à contractualisation,
il faut rappeler que la mission première de la recherche demeure
l’actualisation et l’enrichissement des contenus de l’enseignement.
La solidité de cet enseignement devrait donc contribuer
à asseoir l’accès à une spécialisation de haut
niveau scientifique.
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